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Le potentiel érotique des voyages (tant dans ma tête que dans ma vraie vie)

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15 septembre 2024

Jean TEULÉ

 
Le magasin des suicides*
Un petit bouquin à prendre pour ce qu'il est : assez marrant, sans prétention, distrayant, le temps de deux heures de train. Après, ça casse pas trois pattes à un canard. Une fois que l'on a compris que le magasins tenu par cette "même famille depuis dix génération" a pour but de faire en sorte que les clients ne reviennent jamais, l'idée s'étire, s'étire, s'essoufle et se craquèle un peu.
Assez oubliable.
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14 septembre 2024

Maurizio de GIOVANNI

L'hiver du commissaire Ricciardi***
 
Voilà donc une excellente découverte que ce roman policier. On est en pleine dictature mussolinienne, et le commissaire Ricciardi enquête sur le meurtre du célébrissime ténor Vezzi (vous rendez-vous compte, plus grand même que Caruso, son contemporain), en pleine représentation à San Carlo, à Naples. Célébrissime certes, mais sacrément antipathique. Que de monde pourrait lui en vouloir, à mort ! On croise de formidables personnages qui gravitent autour de ce théâtre, du surintendant à la couturière, en passant par la femme de Vezzi ou un prêtre (très troublant, un peu un personnage de Pialat). Chaque protagoniste est très bien campé, l'intrigue est fort bien menée et ce commissaire Ricciardi extrêmement touchant et troublant, avec ses deux gouttes vertes à la place des yeux. Il se dégage une certaine mélancolie de ce roman, et une ambiance qui m'a rappelé Simenon; il me tarde d'attaquer les suivants !
14 septembre 2024

Herman KOCH

Le dîner**
 
Une lecture tirée de la boîte à livres en gare SNCF de Brive. Je n'aurais probablement pas acheté ce bouquin sinon. Probablement à tort parce que ce roman de l'auteur néerlandais Herman Koch, dont j'ai découvert que c'était un best seller, se laisse tout à fait lire, et avec un cerrtain plaisir. Une trame assez classique : le prétexte d'un repas dans un bon restaurant pour aller farfouiller, de l'entrée au digestif, au sein de cette famille, avec ses petits secrets, ses joies, ses hontes. Ses sommités, ses jalousies, ses turpitudes. Le poids des responsabilités, la transmission des valeurs, les enfants. Une satire assez bien vue, riche en rebondissements, bien traduite. Je ne sais pas si quelqu'un en a vu les adaptations au cinéma (il semble y en avoir deux) et si elles valent le coup ?
14 septembre 2024

Maxime Calligaro & Eric CARDÈRE

Les compromis**
 
Attention, tromperie sur la marchandise ! Ceci 'est pas un polar ! Dans les bons polars, le (ou les) meurtre n'est qu'un bon prétexte pour une description de la société dans sa complexité, un sondage de l'âme humaine. Et boum, les meurtres apparaissent et on tourne autour. Un prétexte donc, mais un BON prétexte et le meurtre reste central. Ici, foin de tout cela. Si vous voulez une description didactique de la vie au Parlement européen, vous avez frappé à la bonne porte. C'est plutôt pas mal foutu d'ailleurs, ça rappelle la mignonne et enlevée série "Parlement", ça démythifie le mammouth. Sauf que les auteurs ont dû se dire, tiens, on va mettre quelques meurtres, histoire de. Mais ça fait un peu trop "artificiel, "plaqué". Au point que, parfois, on les oublie.
 
Donc en résumé : si vous voulez lire une fiction sur le Parlement européen et celles et ceux qui gravitent autour, allez-y ! Si vous voulez un polar, passez votre tour !
 

 

14 septembre 2024

Maj SJÖWALL & Per WALHÖÖ

 
Le policier qui rit*
 
Présentée par la Kube comme précurseure du roman policier nordique, la série Martin Beck nous offre un panorama de la Suède des années 70, où l'Etat-providence fonctionne encore à plein, on en sent quelques descriptions un brin moqueuses de ci de là. Dans le Policier qui rit, c'est aussi le contexte de la guerre du Vietnam, où la police est toute entière occupé à sécuriser une manifestation anti-guerre. Toute ? non, car une petite troupe est occupée à comprendre comment une personne a pu en tuer neuf autres, à la mitraillette, dans un autobus.
Il fait moche en Suède, tout colle, tout a la même couleur, tout le monde tousse, est malade, tout le monde est d'humeur chagrine. Les policiers sont pléthore, je les ai un peu tous confondus. Et puis, l'histoire tout comme leur vie privée, ne m'ont que moyennement intéressé. Un livre oubliable, donc, sauf si quelqu'un me dit que je dois découvrir une pépite de ce couple d'auteur.
 

 

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14 septembre 2024

Adeline DIEUDONNÉ

Reste**
 
Après « la vraie vie », qui m’avait tant marqué, j’ai retrouvé Adeline Dieudonné avec « Reste », un roman sur l’attachement (?), y compris au sens littéral du terme, et jusqu’à l’absurde. Il meurt accidentellement, noyé, mais elle ne peut pas se séparer de lui. Alors, l’amante raconte à l’épouse et son fils ses sentiments pour son amant et comment elle considère le corps et celui qui l'habitait. Peut-être influencé par l’ambiance du très très beau roman de Russel Banks, La réserve, j’ai retrouvé cette ambiance rugueuse et magistrale des montagnes et des lacs qui, en l’absence d’indices sur le lieu, m’ont emmené au continent nord-américain (vers la fin du roman, on découvre cependant que ce n’est pas du tout le cas).
J’ai retrouvé dans Reste (que l’on pourrait aisément écrire au pluriel) l’écriture fiévreuse d’Adeline Dieudonné, son talent pour décrire l'amour, l'attachement, le morbide, les sentiments perturbés, les vies mal calibrées. J’ai avalé le livre en une journée, incontestablement, comme pour "la vraie vie", le récit happe ; et pourtant, je garde un sentiment d’inachevé. Paradoxalement, qu’elle n’est pas allée assez loin, ou qu’elle a un peu manqué sa cible, si tant est que la sienne et la mienne fussent la même. Je ne sais pas très bien si je recommande la lecture de ce roman, ou pas.
21 juillet 2024

Jonathan COE

Numéro 11***
 
C'est toujours un grand plaisir de retrouver Jonathan Coe. Je l'avais quitté avec le royaume désuni et je suis revenu en arrière, autour des années 2013-2014. Dans cette Angleterre de pré-Brexit qu'il avait merveilleusement racontée avec le coeur de l'Angleterre. A la différence qu'avec Numéro 11, il décrit des fractures, des déchirures dont il ne se doutait pas encore qu'elles allaient mener vers le Brexit. Numéro 11, parce que c'est son onzième livre. On retrouve ce chiffre sur un numéro de maison, un box de déménagement, une ligne de bus. Il s'est bien amusé et nous aussi. Les deux jeunes filles du roman sont très attachantes et tellement moins boring que celles d'Elena Ferrante ! Et toujours ce grand art de mêler la petite histoire à la grande Bref, lisez ce roman !
21 juillet 2024

David DIOP

La porte du voyage sans retour*
 
Le titre du dernier roman de David Diop nous emmène vers la période de l'esclavage. Il reprend une histoire vraie, celle d'un jeune botaniste qui vient assouvir son bonheur en Afrique de l'Ouest, dans le Sénégal actuel, au XVIIIe siècle, afin de rapporter nombre de plantes pour les faire croître dans les jardins du Roi, à Versailles. Le jeune homme, très voltairien, est révolté par ce qu'il voit du commerce de l'esclavage et part à la quête d'une jeune femme qui aurait été vendue et qu'il espère arracher des griffes d'un esclavagiste. La porte du voyage sans retour raconte cette quête. Autant j'avais été impressionné par la force de son premier roman, Frère d'âme (racontant l'histoire de deux tirailleurs sénégalais pendant la Grande Guerre), autant ce second roman fait pshit. L'écriture se veut très classique (volonté d'imiter un style de l'époque ?) mais vire parfois au gnangnan et cède aux bons sentiments, malgré, tout de même, quelques beaux passages. Hélas ils ne réhaussent pas l'ensemble. Dommage !
15 juin 2024

Christophe PENALAN

 
Eden, l'affaire Rockwell***
 
En voilà donc, un bon polar, plein d'imagination, haletant. Une histoire de disparition(s) d'enfant(s), pour faire très court, quelque part en Californie. Le réalisme de l'histoire est troublant, au point que je l'ai crue reprise de faits réels (finalement, c'est le cas, tant la disparition d'enfants est malheureusement banale). Pour un premier roman, c'est un coup de maître.
15 juin 2024

Frédéric BERTHET

 
Simple journée d'été0
 
Rarement je n'aurai aussi peu compris un roman. En l'occurence, des nouvelles. Tout commence à peu près normalement, un peu à la Yves Ravet, c'est bien écrit, on s'accroche à quelques bribes d'histoire, on commence à créer nos imaginaires. Et puis pof, tout dérape. Je me suis dit, bon, la prochaine nouvelle est la bonne. Mais je reste à chaque fois complètement déconcerté. L'auteur m'avait été recommandé par un libraire mais je ne suis pas sûr de vouloir me risquer à autre chose. Et vous, vous connaissez ?
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